Adieu poulet, bonjour polars

Après les dures réalités de la vie d'OPJ, le bonheur des histoires fictives : le polar

Jean-Claude Sartelet

Article du PointCom

Publié le : 3 janvier 2008 par Pascal BRUNELLI

LE TRAIT D’UNION

« LE NOIR EST MIS »

Le ciel était gris au-dessus de la tête de notre stagiaire, ce mercredi-là. Jean-Claude Sartelet lui avait donné rendez-vous chez lui, au 6 de la rue Salengro. L’ancien commandant de police judiciaire - originaire de Verdun - l’attendait, armé... de son dernier ouvrage, “Le faucon et l’anguille”.

Quand un ancien flic passe à table, ça donne un livre !

Rangé des affaires après 26 années de service, c’est la noirceur des âmes qu’il traquait qui fait maintenant l’encre de sa plume. Une plume sobre, une écriture au franc-parler, efficace et réaliste qui vous projette en quelques mots dans les bas-quartiers, à l’arrière d’une voiture banalisée, sur une scène de crime, en salle d’interrogatoire. Au choix...

Comme nous l’explique cet ancien champion de France de course à pied par équipe, son roman est tiré (bang! bang!) d’un fait “réel et arrangé”.

Much - le héros autobiographé de son premier roman - (Capitaine Sarre dit Much” - éditions Thélès) est flanqué cette fois d’un équipier, Gilou, qui l’assistera dans l’enquête sur le meurtre d’une “poupée ukrainienne”. Une immersion totale dans le milieu où l’on croisera dans le désordre, politiciens et flics corrompus, prostituées de luxe, tueurs à gages, trafiquants d’armes internationaux. Du beau linge.

Jean-Claude Sartelet, avec ce deuxième livre, affirme son style. L’écriture est nerveuse, directe, sans volonté de plaire, abrupte. Il écrit comme on filme à l’épaule, au plus près. Qu’on ne s’y trompe pas, l’auteur n’est ni revanchard, ni nostalgique d’une époque révolue, où les truands savaient se tenir ( “un truand est un truand”). D’ailleurs, sous la solide carapace que ce métier sans compromis lui a façonnée, c’est un homme à l’esprit vif et curieux, plutôt sympathique qui émerge au fil de la discussion.

Avec une pointe d’émotion dans la voix, il parle aussi des répercutions d’une “vie de flic” sur la vie familiale, des conséquences tragiques parfois.

Ni revanchard, ni nostalgique....à quoi bon. La vie ne finit-elle pas - de toute façon - comme les protagonistes d’un roman noir ? Mal.