Adieu poulet, bonjour polars

Après les dures réalités de la vie d'OPJ, le bonheur des histoires fictives : le polar

Jean-Claude Sartelet

Article de l'Est Républicain

Publié le : 27 décembre 2006 par Frédéric PLANCARD

FAUSSE MONNAIE, VRAI AUTEUR

Originaire de Verdun, Jean-Claude Sartelet, un ancien de la P.J. de Dijon sort un roman policier. Une plongée réaliste dans le monde des faux-monnayeurs.

Rien à voir avec la mièvrerie et l’irréalisme des séries policières télévisées qui envahissent les écrans. Même si Jean-Claude Sartelet ne s’insurge pas contre ces pâles copies de la réalité, “ je comprends qu’il faille se divertir”, ce qu’il écrit n’ rien à voir. Ce commandant fonctionnel à la retraite est un ancien de la brigade financière de la PJ de Dijon, spécialisé dans la fausse monnaie.

C’est tout naturellement qu’il a entamé l’écriture d’un roman policier sur ce thème.“Je l’ai écrit en six mois. Il faut dire que je l’avais dans la tête depuis très longtemps”. Alors de l’idée aux mots couchés sur le papier il n’y avait qu’un saut. Qu’il a franchi sans peine : “J’ai toujours été davantage été littéraire que juriste”, concède-t-il. Jean-Claude Sartelet est Verdunois de naissance et de parcours scolaire. Entre l’avenue Miribel et le quartier de Glorieux, de l’école primaire à la seconde, il a arpenté les rues de la Cité de la Paix. Il a même fait partie du SAV Athlétisme et est devenu champion de France de course à pied par équipe.

Désabusé

“Le roman est tiré d’un fait réel et arrangé”, explique Jean-Claude Sartelet qui met en scène un policier, le capitaine Sarre dit Much, un patronyme et un surnom qui donnent son titre à l’ouvrage. “Pour le personnage du policier, c’est vrai, c’est semi-autobiographique. Il est désabusé, il a perdu toutes illusions à cause de la collusion entre le politique et la pègre et une justice à plusieurs vitesses. La vie de famille en prend un coup. Policier, ce n’est jamais anodin comme métier”. Et comme il l’écit sur la quatrième de couverture : “Much avait connu les années 70. Les blaireaux étaient très polis à l’époque. Les décennies qui venaient de s’écouler avaient amené Much comme ses collègues à être les témoins impuissants de l’écroulement de la socièté. De s’écouler à s’écrouler, il n’y avait qu’un “r”.”

Alors rien à voir avec les scénarios délayés, le roman en question est noir, très noir et surtout calqué sur la réalité toute crue. Un peu comme l’est la vie en général et comme l’existence de ces flics en particulier.

“C’est vrai que l’écriture de ce roman a été une forme de thérapie. Mais je me suis quand même fait plaisir en l’écrivant, sinon je ne l’aurais pas fait!”

Espionnage

Sorti tout récemment aux éditions Thélès au prix de 18 euros, il allie des phrases courtes et un style concis. Le tout sonne juste et vrai. Très vite le lecteur se prend au jeu et à l’atmosphère si particulière.

Le prochain roman est en cours d’écriture, il s’intitulera : “Le Faucon et l’anguille” et traitera d’un trafic d’armes international. “C’est une enquête avec, en parallèle, une affaire d’espionnage. C’est également une histoire tirée de faits réels et arrangée.”

Un troisième livre , “T’en fais pas papa”, est aussi dans les tiroirs de Jean-Claude Sartelet. Mais celui-ci verse dans un autre style, plus léger “plus drôle et plus proche des contingences d’un père vis à vis de sa fille”. Quand le flic de haut vol se fait plus tendre.