Adieu poulet, bonjour polars

Après les dures réalités de la vie d'OPJ, le bonheur des histoires fictives : le polar

Jean-Claude Sartelet

Article du Bien Public

Publié le : dimanche 18 septembre 2005 par Lauranne VOIRON

LE ROMAN D'UN EX-POLICIER DIJONNAIS

« Capitaine Sarre, dit Much » : Vrais flics et fausse monnaie »

photo de Jean-Claude Sartelet

Jean-Claude Sartelet a été nommé au SRPJ de Dijon en 1975 (photo BP-LD)

Un ancien de la police judiciaire de Dijon, Jean-Claude Sartelet, signe son premier roman. Inspirée de faits réels, l'action se déroule dans un SRPJ. Enquête avec le « Capitaine Sarre, dit Much ».

Quatre cents pages en six mois. Jean-Claude Sartelet a écrit à un rythme soutenu, presque compulsivement. Comme si tous les personnages qu'il avait en tête n'attendaient que quelques ajustements de scénario pour faire leur numéro. Des figures caricaturales et surtout Much et son collègue, Gilou, le tandem des héros du premier roman - policier forcément - de cet ancien de la PJ de Dijon.

« Une étonnante radiographie d'un flic dans son quotidien, le tout sur fond d'humour caustique », commente l'éditeur (1). « J'ai surtout ressenti le besoin de faire connaître au public la réalité du travail de policier, qui ne colle pas avec les séries télévisées », ajoute Jean-Claude Sartelet, avouant que son ouvrage racontant les difficultés d'un « binôme » en prise avec sa hiérarchie, la mafia, le pouvoir et la justice, fut aussi une « thérapie ». Parce que Jean-Claude Sartelet voulait « faire comprendre que les officiers de police se trouvent souvent seuls pour prendre leurs décisions, entre la direction de leur administration et les magistrats ».

Inspirée de faits réels, l'action se déroule dans un SRPJ que l'auteur n'a volontairement pas situé.

Dans le « langage des policiers et des voyous » - avec quelques références littéraires, « pour rehausser le niveau » - le récit conduit le lecteur au cœur d'une enquête de fausse monnaie qui doit compter avec les pressions du pouvoir politique, économique et de la pègre. Au centre de l'intrigue : un blanchiment d'argent. Les extrêmes - pouvoir et mafia - finissent par se rejoindre, « parce qu'elles ont besoin l'une de l'autre », explique Jean-Claude Sartelet. Il ne lèvera pas davantage le voile sur une aventure qui embarque dans les services de la PJ, à la financière, à la criminelle. Qui nous met dans la peau d'un flic dans ses rapports avec ses collègues ou pour ce qui lui reste de vie privée.

Bien évidemment, il y a un peu de Sartelet dans Much, puisqu'il s'agit du surnom dont il était affublé à la PJ. Un univers qu'il a quitté en 2001, pour faire valoir ses droits à la retraite après une carrière entamée en 1975.

Armée de l'air

Né à Verdun, Jean-Claude Sartelet avait fait ses débuts en tant que psychotechnicien dans l'armée de l'air, pendant plus de sept ans qui l'ont amené à la BA 102, avant qu'il ne décide de changer de cap.

Le militaire passe alors le concours d'inspecteur, entre à l'école de police, et en sort avec une affectation à Dijon, où il effectuera l'ensemble d'un parcours aboutissant au poste de commandant fonctionnel (correspondant au grade d'inspecteur divisionnaire chef).

A 58 ans, ce père de deux (grandes) filles, a pris du recul par rapport à ces années qu'il a vécues comme une « richesse », même s'il a découvert la nature humaine dans ce qu'elle a de plus noir. Mais Jean-Claude Sartelet garde aussi « beaucoup d'amertume quant à l'application de la justice ».

Paris, Lyon, Marseille

Responsable de la coordination des affaires de fausse monnaie entre la Bourgogne et l'Office central de répression du faux monnayage, Jean-Claude Sartelet a pas mal « bourlingué » au cours d'enquêtes qui l'ont baladé de Paris à Lyon ou Marseille. Autant dire que le nouvel auteur, également passionné de philosophie et d'histoire, a encore des histoires à raconter. Un deuxième livre est d'ailleurs presque terminé. Mais avant de le lancer, Much attend de voir comment ses débuts vont être accueillis.

Lauranne VOIRON

(1) Capitaine Sarre, dit Much, Thélès, 400 pages, 18 €.

Un ancien de la police judiciaire de Dijon, Jean-Claude Sartelet, signe son premier roman. Inspirée de faits réels, l'action se déroule dans un SRPJ. Enquête avec le « Capitaine Sarre, dit Much ».